Le pacte éducatif pour démocratiser la réussite

L’école a réussi le pari de la massification, mais pas celui de la démocratisation de la réussite. En effet, si 90% des enfants de cadres ou d’enseignants obtiennent le baccalauréat, seuls 50% des enfants d’ouvriers y arrivent. Chaque année, plus de 150 000 jeunes sortent du système éducatif sans diplôme ni qualification.

Malheureusement l’échec scolaire marque souvent toute une vie, car la formation professionnelle continue, telle qu’elle est pratiquée actuellement, ne permet pas de compenser les échecs de la formation initiale.

La politique menée par la droite aggrave cette situation : suppressions d’emplois à l’Education nationale, fermetures de classes de maternelle, remise en cause de la formation pédagogique et professionnelle des enseignants…

Pour répondre à ces différents défis nous proposons un nouveau pacte éducatif fondé sur la démocratisation de la réussite. Nous mettons la réussite de la jeunesse au cœur de notre projet de société.

La démocratisation de la réussite passe d’abord par la préservation des moyens affectés à l’éducation de nos enfants, et donc par l’arrêt des suppressions d’emplois à l’Education nationale, mais aussi par la généralisation de la prise en charge de la petite enfance, par la priorité donnée à l’enseignement primaire, par l’incitation des entreprises à embaucher des jeunes et par une réforme ambitieuse de notre système de formation professionnelle continue.


Nous proposons :

1. La mise en place d'un service public de la petite enfance : création de 500 000 places d’accueil dans les crèches et les réseaux d'assistantes maternelles

Ce service offrira, en articulation avec l’école maternelle, un encadrement pédagogique, médical et culturel dont les milieux sociaux défavorisés sont souvent exclus. Il convient aussi en lien avec les collectivités territoriales, de créer les conditions pour que, dans les quartiers populaires, l’accès à l’école maternelle puisse se faire avant 3 ans, ce qui implique que tout enfant, à partir de deux ans puisse être pris en charge par le système scolaire de l’école maternelle, si les parents en font le choix.


2. Le réaménagement concerté des rythmes scolaires pour favoriser la mise en place de dispositifs individualisés de soutien à l’école primaire et du collège.

La lutte contre l’échec scolaire nécessite que l’effort essentiel soit porté sur l’école maternelle et le primaire. L’accent devra être mis sur la maîtrise de la langue et l’apprentissage de la lecture, en favorisant le travail en petits groupes d’élèves en diminuant le nombre d’élèves par classe.

L’accompagnement individualisé des enfants en difficulté doit être développé ce qui permet de diminuer les retards scolaires et d’abandonner progressivement les redoublements dont le caractère bénéfique n’est pas démontré.


3. L'attribution de bonifications de retraite, au titre de la pénibilité, aux enseignants qui exercent dans les quartiers difficiles.


4. La lutte contre le taux d’échec en premier cycle universitaire et contre le recul de la mixité sociale dans les grandes écoles

Seuls 30 % des bacheliers technologiques entrant en première année universitaire accéderont à l'année de licence (bac + 3) ; le chiffre tombe à 10 % pour les bacheliers professionnels. Dans le même temps, les IUT et les BTS, conçus pour accueillir ces élèves, sélectionnent des bacheliers généraux dont l'université devrait constituer le débouché naturel.

Afin de réduire le taux d’échec en premier cycle et de revaloriser effectivement les filières technologiques, nous proposons de garantir aux bacheliers technologiques un quota de places significatif en IUT et BTS.

Afin de lutter contre le recul de la mixité sociale et territoriale dans les grandes écoles, nous proposons que 5% des meilleurs élèves de tous les lycées de France aient le droit d’être admis en classe préparatoire aux grandes écoles.

L’université doit être un lieu au sein duquel les étudiants construisent peu à peu leur parcours et se préparent à la vie active. Pour cela, les 1ers cycles d’université doivent être décloisonnés afin de favoriser la pluridisciplinarité. Et pour que chaque étudiant puisse se consacrer totalement à ses études, nous devons mettre en place un système d’allocations publiques au financement des études supérieures, assorties de conditions de remboursement liées aux revenus futurs du diplômé. Une mutualisation sera ainsi instaurée entre les étudiants, au bénéfice de ceux qui ont les revenus les plus faibles, ou qui n’ont pas pu obtenir leur diplôme.


5. La mise en place du contrat de génération et la réforme du fonctionnement de la formation professionnelle.

Nous considérons que la question la plus importante est celle de l’emploi des jeunes. Afin d’inciter à l’embauche des jeunes qui arrivent sur le marché du travail, nous proposons la mise en place de contrats de partenariat jeune/senior, dits contrats de génération, avec l’objectif de créer 500 000 emplois pour les jeunes. Les entreprises qui recruteront un jeune et affecteront un senior de leur effectif à la formation de ce jeune, bénéficieront d’une aide financière et ce pendant cinq ans et au maximum jusqu’à ce que le jeune ait atteint l’âge de 30 ans. Cette aide sera financée par un redéploiement des exonérations de charges sociales. Ce dispositif incitera à la création d’emplois des jeunes et au maintien de l’emploi des seniors.

Les entreprises devront aussi établir chaque année un bilan de l’égalité retraçant les actions qu’elles ont menées en matière d’égalité d’accès à l’emploi, notamment des jeunes issus des quartiers populaires.

Par ailleurs, il conviendra de réformer radicalement le fonctionnement de la formation professionnelle continue et d’optimiser l’utilisation de ses ressources financières en les redéployant vers ceux qui ont vraiment besoin. La formation professionnelle continue deviendra obligatoire pour celles et ceux qui sont sortis de l’école sans réelle qualification. Le fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) sera utilisé pour affecter une part importante des ressources de la formation professionnelle aux actions en direction de cette catégorie de la population. La mise en place de cette réforme devra se faire en concertation étroite avec les partenaires sociaux ; elle sera donc suivie par le conseil paritaire national d’évaluation de la formation professionnelle (CPNFP).

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